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IA souveraine et souveraineté numérique

Pour une entreprise qui utilise l’IA, la souveraineté numérique recouvre plusieurs questions concrètes : où sont hébergées les données, quels fournisseurs sont choisis, et quelle dépendance existe vis-à-vis des acteurs américains en cas de coupure d’accès. Des entreprises françaises comme la Maif ou G7 ont choisi des fournisseurs français ou européens qualifiés SecNumCloud, tandis que les pouvoirs publics structurent une offre dédiée aux PME et ETI, avec un objectif de 80 % d’adoption de l’IA d’ici 2030. D’autres choix montrent que les arbitrages ne sont pas simples : Doctolib a accueilli Nvidia à son capital pour développer une IA dite souveraine, et le moteur de recherche allemand Ecosia a abandonné le français Mistral pour des modèles chinois.

Ce que recouvre la souveraineté pour une entreprise

Pour une organisation, la souveraineté numérique recouvre deux dimensions, selon Jacky Galicher, consultant en gouvernance numérique : la souveraineté juridique, liée à la localisation des données, et la souveraineté opérationnelle, qui mesure la capacité à fonctionner si l’accès à un fournisseur disparaît. Selon le CISO AI Leverage Report de l’Open Future Forum (octobre 2026), parmi 49 répondants concernés par les méthodes d’accès, 37 % utilisent des comptes de service partagés, contre 14 % une identité déléguée. Pour Renaud Heluin, président de l’association Green IT, l’IA rend cette dépendance plus visible, en révélant les coûts au token et la difficulté à revenir en arrière. Des incidents l’illustrent : une coupure de Gemini, des restrictions américaines sur l’accès aux modèles d’Anthropic et d’OpenAI pour des ressortissants non américains, et Uber, qui aurait épuisé en quatre mois son budget 2026 prévu pour ses outils d’IA générative.

Nos fiches : Journal du Net (1, 2), Alliancy

La Maif choisit trois fournisseurs français pour reprendre la main

La mutuelle Maif, qui affiche près de six milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de quatre millions de sociétaires, a annoncé le 24 septembre s’appuyer sur trois fournisseurs français : Mistral AI pour l’IA générative, Scaleway pour l’infrastructure cloud, et Diabolocom pour la relation client. Sa direction générale justifie ce choix par la volonté de limiter les dépendances technologiques. Nicolas Siegler, DGA SI, précise qu’un critère de souveraineté intégré aux appels d’offres depuis un an a conduit au choix de solutions européennes dans plus de 50 % des gros appels d’offres. Fin 2025, environ 10 000 collaborateurs avaient déjà accès à Microsoft Copilot. Un accord signé avec les six organisations syndicales exclut les licenciements liés à l’IA et crée une commission IA de douze membres rattachée au CSE.

Nos fiches : FrenchWeb, Alliancy, LeMagIT, IT for Business

Les taxis G7 misent sur un cloud souverain qualifié

L’opérateur de taxis G7 a choisi Premi3ns, l’offre de cloud qualifiée SecNumCloud de S3NS, coentreprise entre Thales et Google Cloud, pour développer quatre usages d’IA : un assistant conversationnel pour les collaborateurs, un agent vocal pour les chauffeurs, une carte de supervision en temps réel, et l’analyse de plus d’un million d’avis clients par an. L’agent vocal, le plus avancé, doit équiper les premiers véhicules d’ici fin 2026. Selon Cristian Partene, directeur de l’expérience client de G7, ce partenariat s’inscrit dans les 20 millions d’euros que l’entreprise consacre chaque année à son système d’information, ses outils numériques et sa cybersécurité. G7 affirme anonymiser les données de mobilité en amont des analyses.

Nos fiches : L'Usine Digitale (1, 2)

Les pouvoirs publics structurent une offre pour les PME et ETI

La Direction générale des Entreprises a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour constituer un catalogue officiel de fournisseurs de solutions d’IA souveraines adaptées aux PME et ETI, mobilisé par le dispositif Diag Data IA de Bpifrance. Ce catalogue s’inscrit dans le plan Osez l’IA, qui vise à porter le taux d’adoption de l’IA à 80 % des PME et ETI d’ici 2030. Côté infrastructure, la Commission européenne a retenu Scaleway parmi quatre fournisseurs cloud pour son programme Cloud III, doté de 180 millions d’euros sur une période pouvant atteindre six ans. SAS et CBTW ont par ailleurs lancé une offre managée de la plateforme Viya pour les PME et ETI européennes, hébergée sur STACKIT, le cloud de Schwarz Digits, exclusivement en Europe et soumis au droit européen.

Nos fiches : Direction générale des Entreprises, L'Usine Digitale (1, 2), Acteurs Publics

Doctolib et Ecosia illustrent la complexité des arbitrages

Deux exemples récents montrent que les arbitrages ne sont pas simples. Doctolib, valorisée 3,6 milliards d’euros et revendiquant 90 millions de patients et 520 000 professionnels de santé en Europe, a accueilli Nvidia comme actionnaire minoritaire le 13 octobre, pour développer une IA dite souveraine entraînée sur ses propres données et hébergée en Europe, tout en utilisant les puces et logiciels d’un fournisseur américain. À l’inverse, le moteur de recherche allemand Ecosia a abandonné le français Mistral, cinq mois après l’avoir adopté, pour des modèles chinois open-source (Qwen, GLM, Kimi), son fondateur Christian Kroll invoquant une qualité jugée insuffisante, un désaccord sur le mix énergétique nucléaire français, et un manque d’indépendance de Mistral vis-à-vis d’investisseurs comme Nvidia.

Nos fiches : Journal du Net, FrenchWeb, Xataka, Le Figaro

L’adoption et la connaissance des règles varient selon la taille

Selon EY, l’adoption de l’IA en entreprise est passée de 8 % à 20 % entre 2023 et 2025 dans le monde, avec de fortes disparités selon la taille : 58 % pour les grandes entreprises, 29 % pour les entreprises moyennes et 17 % pour les petites entreprises. En France, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne, le deuxième baromètre IA Entreprise et Durabilité de l’ESSCA et Forvis Mazars, mené auprès de 826 professionnels IT, montre que deux tiers des répondants constatent du Shadow AI dans leur organisation, que seules 44 % des entreprises ont formalisé des règles éthiques sur l’IA, et que seuls 28 % des répondants estiment que leur entreprise connaît bien l’AI Act, règlement qui encadre notamment la traçabilité des données.

Nos fiches : Brief IA, Comarketing-News

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Réponse rédigée par un modèle d’IA (Claude, d’Anthropic) à partir des seuls articles de la veille : vérifiez les chiffres dans les sources. Les questions posées sont enregistrées ;en savoir plus.

Méthode

Texte rédigé le 20 octobre 2026 par un modèle d’IA (Claude Sonnet 5, d’Anthropic) à partir de 61 articles de la veille sur ce thème, publiés entre le 29 août 2025 et le 16 octobre 2026. Chaque paragraphe renvoie aux fiches sur lesquelles il s’appuie, et chaque nombre du texte a été retrouvé dans l’un de ces articles avant publication. Le texte est rédigé à nouveau chaque semaine.

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